
Le nom de Pradelles indique que le village fut fondé à l'époque de la dynastie carolingienne, notre région était alors entre la "Francie occidentale" et le royaume de Provence. Une route permettant de traverser les Cévennes vers la Méditerranée passait par là : le Chemin de Régordane assurera la prospérité des villages qu'il traverse. Chose rare à l'époque, on pouvait y circuler avec des chariots, alors qu'ailleurs, le transport ne se faisait qu'à dos de mulets. De la butte du calvaire, on peut toujours voir, par temps clair, la statue de la Vierge sur le donjon du château de Luc, étape suivante sur la route : on pouvait ainsi communiquer par feux entre les forteresses.

Dès les premiers textes écrits, Pradelles est qualifié de "Castrum", c'est à dire de bourg fortifié, où voyageurs et marchandises étaient en sureté. Hélas, avec la guerre de cent ans et les épidémies la prospérité déclina, le Connétable Bertrand du Guesclin vint mourir devant Châteauneuf-de-Randon et la région fut ravagée
Lors des Guerres de Religion, Pradelles se trouva encore en un point stratégique, commandant l'accès de l'Auvergne vers le midi et la vallée du Rhône. La découverte de la statue de Notre-Dame de Pradelles en 1512 ancra la ville dans la religion catholique. Catholiques et Protestants se déchirèrent : Pradelles fut pillée et brulée en 1582, la peste survint en 1586 et un assaut Protestant échoua le 10 mars 1588. Dès 1589, le Vivarais fit la paix religieuse, et Pradelles vit passer des convois qui ravitaillaient les troupes des partisans d'Henri IV assiégeant Le Puy. La ville connut alors une nouvelle mais brève période de prospérité et de nombreuses belles maisons datent de cette fin du XVIème siècle.

Lorsque la paix revint, le commerce continua, avec des convois de vin du Vivarais, de sel, d'huile d'olive, qui remontaient du midi vers l'Auvergne, mais, progressivement, le centre économique se déplaça vers Langogne où les industries naissantes pouvaient disposer de l'eau et de la force motrice de deux rivières : l'Allier et le Langouyrou. Pradelles devint une ville de garnison et c'est là que s'établit le Colonel de La Coste, chargé de ramener l'ordre dans les hautes Cévennes. à la fin du XVIIème siècle, un curé de Pradelles compare le plateau entre Pradelles et La Chavade à la Laponie, les forêts ont disparu et les tempêtes de neige sont meurtrières. Par chance, une modeste auberge accueille les voyageurs à quelques kilomètres de Pradelles : Peyrebeille. Un demi-siècle plus tard, elle deviendra célèbre pour les assassinats commis par ses aubergistes : la légende de l'Auberge Rouge était née.

En 1878, un jeune écrivain écossais, promis à un brillant avenir passe par Pradelles avec son ânesse, Modestine. Dans son livre "Voyage avec un âne à travers les Cévennes", Robert-Louis Stevenson écrira deux très belles pages sur notre village et ses environs. De nombreux randonneurs suivent ses traces chaque année.
Au XXème siècle, Pradelles s'enfonce dans un déclin économique et démographique et perd les deux tiers de sa population, la grande guerre de 1914 1918 et l'exode rural vident alors les campagnes.
En ce début du XXIème siècle, Pradelles retrouve un rôle économique en tant que pôle d'équipements dans le domaine sanitaire et social et, avec le label "Plus beaux villages de France", dans un tourisme proche de la nature. L'ancienne voie ferrée Le Puy Langogne accueille le Vélo-Rail et les randonneurs empruntent les deux sentiers de Grande Randonnée et les nombreux chemins de petite randonnée qui sillonnent nos montagnes.
Rue des Genêts
Rue Basse, portail du Besset, 1792
Place de la Halle
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